Les flexi-jobs se sont imposés comme une solution pratique pour répondre à des besoins ponctuels de main-d’œuvre, renforcer une équipe lors de pics d’activité ou attirer des profils expérimentés à un coût maîtrisé.
Les pensionnés peuvent également travailler sous ce régime, mais l’accès n’est pas automatique. Depuis les adaptations de contrôle opérées par l’ONSS, certaines situations qui passaient auparavant sans difficulté sont désormais refusées si les conditions ne sont pas démontrées au bon moment.
Cet article fait le point, de manière opérationnelle, sur les règles à maîtriser avant d’engager un pensionné en flexi-job.
À quelles conditions un pensionné peut-il exercer un flexi-job ?
Le principe : être reconnu pensionné au trimestre T–2
Pour pouvoir être engagé comme flexi-jobber, le travailleur doit être considéré comme pensionné à la fin du trimestre T–2. Concrètement, l’ONSS vérifie si la personne est enregistrée comme bénéficiaire d’une pension (pension de retraite ou de survie, selon le régime applicable), ou d’un avantage assimilé à une pension.
Les pensions étrangères ou issues d’institutions internationales peuvent être prises en compte. En revanche, certains revenus de remplacement, comme l’allocation de transition, ne sont pas assimilés à une pension au sens de cette règle.
Fin de la tolérance liée à l’âge et nouvelle procédure ONSS (depuis septembre 2025)
Jusqu’à fin septembre 2025, une approche plus souple permettait, dans la pratique, d’admettre automatiquement certaines personnes âgées (notamment à partir de 66 ans) même si leur situation administrative ne remplissait pas formellement toutes les conditions. Cette tolérance n’est plus appliquée.
Désormais, l’ONSS procède en deux temps :
- Première étape : vérification de l’inscription au registre des pensions au trimestre T–2. Si l’inscription est confirmée, l’accès au flexi-job est possible.
- Deuxième étape (si aucune inscription n’est trouvée) : examen du volume de travail presté au trimestre T–3. Le flexi-job n’est admis que si la personne a travaillé au moins 80 % d’un temps plein (soit l’équivalent d’un 4/5).
Impact concret : tous les pensionnés ne peuvent pas démarrer immédiatement
Ce mécanisme de contrôle implique une conséquence importante : un départ récent à la pension ne garantit pas l’accès immédiat au flexi-job.
Étant donné que l’ONSS regarde le statut de pensionné au trimestre T–2, l’accès peut n’être possible qu’à partir du troisième trimestre suivant la prise de pension, sauf si la condition de prestations à 80 % au trimestre T–3 est remplie.
Cas pratiques : pourquoi certains profils sont refusés, même s’ils sont pensionnés
La logique “T–2 / T–3” peut surprendre au recrutement.
Exemple 1 : pensionné récent avec prestations limitées avant la pension
Une personne travaillait à mi-temps et prend sa pension au 1er janvier. Malgré son statut réel de pensionné, il se peut qu’elle ne puisse pas être engagée en flexi-job durant les premiers mois, car le contrôle T–2 ne la “voit” pas encore comme pensionnée et, en parallèle, elle ne satisfait pas à la condition 80 % au T–3.
Exemple 2 : personne de plus de 66 ans non officiellement pensionnée
Avant la suppression de la tolérance d’âge, certaines situations pouvaient encore passer. Désormais, si la personne n’est pas reprise comme pensionnée au registre et n’atteint pas 80 % de prestations au trimestre de référence, l’occupation en flexi-job sera refusée, même si elle a l’âge.
Limites chez le même employeur : éviter les incompatibilités dans un même trimestre
Interdiction de cumuler flexi-job et autre contrat chez le même employeur
Lorsqu’un pensionné preste en flexi-job pendant un trimestre, il ne peut pas, au cours de ce même trimestre, être lié au même employeur par un autre contrat de travail. Il s’agit d’une règle stricte : l’objectif est d’éviter des combinaisons contractuelles permettant de contourner le cadre flexi-job.
Interdiction en cas de préavis ou d’indemnités liées à la rupture
Le flexi-job n’est pas autorisé non plus si, avec ce même employeur, le travailleur est encore dans une période de préavis, ou couvert par une indemnité de rupture ou une indemnité compensatoire de préavis.
Une seule exception, très encadrée
Une situation particulière est tolérée : commencer un trimestre comme flexi-jobber puis être engagé, au cours du même trimestre, sous un contrat de travail ordinaire chez le même employeur.
Cette exception ne vaut que pour le trimestre concerné et ne s’étend pas automatiquement aux trimestres suivants.
Attention aux montages via l’intérim
Le recours à une agence d’intérim pour “réintroduire” un travailleur auprès de son propre employeur sous statut flexi-job est interdit.
Cette pratique est assimilée à un détournement des règles.
Entreprises liées : un verrou supplémentaire à anticiper
Le flexi-job est également exclu dans certaines situations impliquant des entreprises liées. En substance, un pensionné ne peut pas exercer un flexi-job dans une entreprise liée à celle dans laquelle il a travaillé au moins à 4/5.
La notion d’entreprise liée vise notamment les relations de contrôle, de direction commune ou des structures de type groupe. Cela peut concerner, par exemple, une société mère et sa filiale, ou des sociétés sous direction centrale.
L’objectif est d’empêcher qu’un flexi-job soit utilisé pour requalifier, au sein d’un même périmètre économique, une occupation qui devrait relever d’un autre régime.
Passage à 4/5 : une période d’attente possible avant d’accéder aux flexi-jobs
Les employeurs doivent aussi tenir compte d’une restriction liée aux réductions du temps de travail. Lorsqu’une personne passe d’un temps plein à un 4/5, une période d’attente peut s’appliquer : l’accès au flexi-job est alors suspendu pendant deux trimestres à partir du troisième trimestre suivant le passage à 4/5.
Cette règle vise à éviter qu’une réduction volontaire du temps de travail serve uniquement à remplir artificiellement les conditions d’accès au flexi-job.
Conclusion
Engager un pensionné en flexi-job peut être avantageux, mais la réglementation est devenue plus technique, et le contrôle ONSS s’appuie sur des trimestres de référence qui influencent fortement le timing. Une vérification préalable évite les refus, les corrections et les risques de non-conformité.
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