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Règlement de travail: vers un cadre général plutôt qu'une liste exhaustive d'horaires

9 juin 2026 par
Le Cap A.s.b.l, MHU
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Une réforme en vigueur depuis le 1er juin 2026 offre aux employeurs la possibilité de structurer leur règlement de travail autour d'un cadre général, en lieu et place d'une énumération détaillée de chaque horaire. Souplesse accrue, charge administrative réduite: à condition d'utiliser ce nouvel outil avec discernement.

Un problème concret, une réponse pragmatique

Jusqu'ici, tout nouvel horaire devait figurer explicitement dans le règlement de travail avec ses heures de début et de fin, ses pauses, ses jours d'interruption. Chaque adaptation organisationnelle imposait ainsi une procédure formelle de modification, parfois longue et fastidieuse.

La réforme répond à cette contrainte en permettant à l'employeur de définir, dans son règlement, un cadre général de durée du travail qui délimite les plages au sein desquelles les horaires peuvent librement s'inscrire.

Que doit contenir ce cadre général?

Le cadre n'est pas une simple clause de style. Il doit obligatoirement mentionner:

  • Les jours de la semaine pendant lesquels des prestations peuvent être planifiées
  • La plage horaire journalière dans laquelle le travail peut être effectué
  • Les durées minimale et maximale de travail par jour
  • Les durées normale et maximale de travail par semaine

Dès lors qu'un horaire individuel s'inscrit intégralement dans ce cadre, il peut être convenu avec le travailleur concerné sans déclencher une nouvelle procédure formelle de modification du règlement.

Ce que ça change au quotidien

Avant la réforme, chaque nouvel horaire nécessitait une procédure formelle de modification du règlement. Désormais, si l'horaire souhaité s'inscrit dans le cadre général préalablement défini, un simple accord avec le travailleur suffit. Pour l'employeur, le gain est double: moins de démarches administratives et plus de réactivité face aux besoins opérationnels.

Un point de vigilance à ne pas négliger

Le cadre doit refléter fidèlement la réalité de l'activité de l'entreprise. Un périmètre trop large, du type "7j/7 – 24h/24", sans activité correspondante ne sera pas considéré comme conforme et expose l'employeur à une sanction sur la base du Code pénal social.

La réforme n'exonère par ailleurs d'aucune obligation légale existante: les règles relatives à la durée du travail, aux temps de repos, aux limites journalières et hebdomadaires, ainsi que les dispositions spécifiques aux travailleurs à temps partiel restent pleinement applicables.

Quid des désaccords au sein du conseil d'entreprise?

La réforme allège également la procédure devant la commission paritaire lorsque le différend porte sur des aspects liés au cadre horaire. Là où une majorité qualifiée de 75 % était auparavant requise de chaque côté, une décision devient désormais valable dès lors qu'elle recueille l'unanimité des représentants présents d'au moins une organisation représentative, tant du côté employeur que travailleur.

Cet assouplissement reste ciblé: il ne concerne que les litiges relatifs au cadre général ou à l'introduction de nouveaux horaires, et non l'ensemble des différends liés au règlement de travail.

Pourquoi ne pas attendre?

Les employeurs qui auront adapté leur règlement dès l'entrée en vigueur de la loi pourront bénéficier immédiatement de la souplesse offerte par la réforme. Ceux qui attendent devront d'abord engager une procédure formelle de modification avec le délai que cela représente.

Anticiper, c'est aussi se protéger: un règlement clair, structuré et aligné sur l'organisation réelle de l'entreprise constitue un atout lors de contrôles de l'inspection sociale.

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